De retour

Classé dans : Non classé | 4
Voilà donc un mois que nous sommes rentrés en France et si je ne t’ai pas donné de nouvelles plus tôt c’est que je ne savais pas bien ce que je devais raconter de ce retour.
J’ai quitté Bangkok le coeur serré, et même la perspective de retrouver famille, amis, maison, chat, et fromages de chèvres n’apaisait pas cette pression exercée là, juste en dessous du plexus, là où ça gonfle quand on commence à avoir envie de pleurer. Tu vois où?
J’ai quitté Bangkok avec la promesse d’y revenir. Une promesse susurrée à mon oreille par Math qui n’en menait pas beaucoup plus large que moi, je crois.
« Si tu es triste, pense à moi qui suis si heureux, et tu ne pourras plus être triste » m’a dit Nathan qui ne tenait plus en place depuis un mois. Quelque temps plus tôt, les enfants avaient exprimé le désir de rester, au moins encore un peu, au moins un an de plus. On y a réfléchi, je ne te le cache pas, et puis on a conclu que ce n’était pas raisonnable parce qu’on n’aurait pas assez de temps pour préparer correctement ce deuxième opus. Mais à même pas 15 ans, on possède des trésors de flexibilité, et aussitôt qu’ils ont entendu qu’on rentrait en France, sûr, sûr, sûr !, ils ont su se projeter dans les joies et les délices de la vie d’ici.
Le 21 aout, comme prévu, on était donc dans l’avion avec deux ados certains que le meilleur les attendait, alors que nous étions partis un an plus tôt avec deux enfants (certains que le meilleur les attendait eux aussi)
Bref, voir tout le monde (tous ceux qui nous avaient manqué en tout cas), se ré-approprier la maison, la ranger,  ré-apprivoiser le chat, inscrire les enfants au lycée, ouvrir de nouvelles lignes de téléphone, se procurer une nouvelle carte vitale, une nouvelle carte bleue…. Tout ça a rempli chacune de nos journées un peu malgré nous et aujourd’hui, un mois plus tard, le moment est venu de faire face à la vie normale.
Petit à petit, touche par touche, je me reconnecte aux plaisirs d’avant. Le bleu du ciel (tellement bleu, il faut que tu t’en rendes compte), l’odeur des pins, le silence du jardin, le velours d’une pêche mûre, sont autant de caresses oubliées que je retrouve une à une, et tout ça recommence à faire un tout.
Je m’étais dit qu’en rentrant de  Bangkok, je cesserai de t’écrire puisqu’il était bien entendu que tu venais chercher ici les odeurs et le bruit de cette aventure. J’avais imaginé que je le ferai d’un coup d’un seul, à la date du vol retour.
Mais tu me manques toi aussi. Et puis, raconter le retour c’est encore un peu raconter le voyage non? En plus, j’ai ramené plein de chose que je ne t’ai pas encore montrées, et j’ai de jolies photos et quelques anecdotes que j’aimerai bien poser là,  même si ça fait un peu désordre.
Je sais ce que tu penses. Tu te dis que je n’ai peut-être pas encore tout à fait renoncé à Bangkok. On verra bien ce que va nous proposer la vie d’ici…
En attendant, tu restes encore un peu là avec moi ?
C’est joli ici aussi. Même en Automne. Regarde
L’automne à Avignon
Avignon
Avignon

4 Responses

  1. Abric

    Sois là bienvenue Muriel
    Et surtout continue à ecrire …. C’est tellement agréable de te lire

    • Mademoiselle d'Avignon

      Merci Marie. Je crois que je vais continuer. c’est tellement agréable de lire tes commentaires

  2. Philippe

    Chère Muriel, bon retour en Provence pour ta famille et toi.
    Merci de m’avoir fait rêver pendant une belle année avec toutes tes belles histoires et les jolies photos.
    Je comprends que ton cœur soit resté un peu à Bangkok. les Thaïlandais sont tellement merveilleux.
    Je te souhaite mille plaisirs de redécouverte de notre belle région et t’envoie mes plus affectueuses pensées.

    • Mademoiselle d'Avignon

      Avoir deux endroits sur la terre où on se sent chez soi, c’est une telle chance ! merci pour tes belles pensées

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *